la langue française et nous

3 octobre 2020

Partant d'un tweet de Sigismonde - @ClPeqt - qui disait ceci : 

"Le ciment d'une Nation c'est la langue elle doit être protégée et préservée des attaques, elle doit être enseignée à tous célébrée, admirée, cultivée. Le pouvoir fait tout le contraire"

Je vous communique ma réponse publiée sur Twitter que j'ai un peu retravaillée :

Je ne vais pas (vous) dire le contraire, la langue française fait sens et il me semble qu'on oublie beaucoup son rôle à travers le monde ainsi que le mot « francophonie » qui rassemble les pays ayant comme on dit "le français en partage" et en sont fiers. Leurs gouvernants du moins peuvent s'en prévaloir mais globalement les populations "suivent" pour peu tout de même qu'elles n'aient pas l'impression qu'il s'agisse d'une couverture culturelle pour les influencer si ce n'est même pour leur mettre le grappin dessus (cf bas de page, nota bene).

Ceci étant dit, ne peut on admettre que la langue française peut (doit ?) évoluer sinon elle pourrait, même si à mon sens, ça n'en prend pas le chemin, devenir une langue "morte". Apprécions le chemin parcouru depuis ce temps où on parlait ce qu'on appelle maintenant le "vieux" Français.

Toutes les langues évoluent, je pense notamment à l'Anglais qui ne fait pas faute de "triturer" les mots pour les rendre plus "adaptables" à l'évolution de notre vie dans tous les domaines y compris (surtout) quand il s'agit de "nouvelles" technologies etc. Aussi, ne nous crispons pas sur notre langue, faisons lui confiance.

Accepter l’usage d'autres langues ne doit pas nous empêcher de pratiquer la nôtre et pour ça il faut la développer dans notre propre environnement pour que ceux qui l'utilisent à commencer par nos enfants aient envie, besoin de l'utiliser et soient fiers de le faire, sans que ça les empêche de pratiquer, apprendre une autre langue, voire 2, etc...

Ma fille vit en Australie, mes petits enfants (3 et 1 an) pratique(ro)nt l'anglais en priorité mais il est prévu qu'ils apprennent le français. Je pense que donner envie de parler notre langue commence tout petit et se développe à l'étranger aussi. Pour qu'elle soit pratiquée, il faut donner envie de le faire et ça suppose que nous communiquions cette envie.

J'ai pas mal voyagé et j'ai pu constater "l'aura" de la France à l'étranger, cette aura rejaillit sur nous, soyons en dignes pour donner envie aux étrangers là-bas et ici de la pratiquer.

La France est (a été?) admirée pour son histoire, ses valeurs, ses écrivains, etc... Nous vivons dans un bouillon de cultures (propre et figuré) où notre statut de "puissance" qui compte n'est plus acquis, il faut que ça nous motive pour pratiquer notre langue et la =faire= connaître et ça dépend de nous individuellement au moins autant que de nos gouvernants qu'on ne comprend pas toujours, il faut bien dire et ce à l'étranger autant que sur notre propre territoire. J'ai tendance à remarquer que c'est l'image historique et culturelle, économique aussi, du moins "fût un temps", de la France qui rejaillit sur nous, plus que l'image que nous Français donnons de nous-mêmes, les gens savent faire la part des choses.

Notre image de puissance économique est écornée, notre image "droits de l'homme" en prend un coup, reste l'historique et le culturel mais aussi n'ignorons pas le scientifique et bien d'autres domaines encore, la France ne se classe quand même pas parmi les 10 premières puissances au monde sans raison légitime.

Mais comprenons aussi qu'on n’a pas à vivre non plus de et sur nos lauriers, il faut apprendre à avancer avec ce que le présent nous offre et ce que l'avenir incertain nous prépare.

Je vous laisse un bilan "population" de "Seigneur" Attali sur le Français (conférence Polytechnique de 2014) et vous verrez que l'avenir du Français n'est pas aussi compromis qu'on peut ou veut nous le laisser penser/croire

http://www.jeanef.fr/442476296

Ainsi, notre "salut" pourrait venir aussi de l'Afrique ! comme quoi ! 

Si vous avez des moments de doute, intéressez vous au rôle qu'a notre langue à travers le monde et nos Instituts Français, nos établissements d'enseignement français notamment sans parler de la coopération scientifique, économique, etc... tissant un réseau dense qui figure encore, mais pour combien de temps c'est vrai, parmi les premiers au monde tout ça doit bien avoir et faire sens, non ?

Ce que je veux dire : ne nous en tenons pas non plus au "message" contradictoire que nous font passer nos zélites et l’image qu’elles-mêmes donnent de nous et de notre pays (Gaulois réfractaire et j’en passe…).

Confrontons nous aussi aux autres pour leur donner envie de =nous= ressembler car en ce moment on est tellement crispés qu'on rejette peut être un peu trop l'autre et les autres pour leur différence or admettre leurs différences peut aussi les amener à nous reconnaitre pour qui nous sommes et leur donner envie de nous =ressembler=. Ne considérons pas les autres comme des envahisseurs et des "gagne petits" venus en France juste pour "profiter" du système etc... c’est plus compliqué que ça franchement !

N'oublions pas non plus notre passé impérial (bon oui Napoléon mais quand même) et plus proche de nous, colonial, qui n'a pas laissé que du positif tant dans nos manières et attitudes à l'étranger que notre façon de penser et considérer l'étranger justement et en conséquence la façon dont on peut aussi nous percevoir en retour.

Enfin voilà, je suppose qu'il faut finir la "causette" et je veux dire qu'il faut aussi NOUS faire confiance individuellement et collectivement car si on avait cette confiance en nous et en qui nous sommes, les autres et leur propre langue nous feraient bien moins peur.

Note bene :
J’introduis cette « parenthèse » pour dire : ne nous leurrons pas non plus sur cette francophonie telle que pratiquée par l’élite qui compose l’OIF et qui compte bien l’utiliser comme « soft power ». 

Aussi si vous avez le Français à coeur, je vous invite à consulter ce lien car il y a(urait) beaucoup à dire aussi de la façon dont la France utilise sa langue pour une influence qui ne met pas nécessairement "l'humanisme" au coeur de ses préoccupations.

http://www.jeanef.fr/440955398

Ne nous étonnons pas ensuite que les "autres" nous considèrent avec "réserve" malgré l'usage qu'ils font eux-mêmes de la langue française qu'ils pratiquent au moins aussi bien que nous si ce n'est mieux que certains d'entre nous.