chômer ou pas chômer ? étudier ou travailler ? et d'autres choses encore..

novembre 2017

Petite réflexion relevée sur Facebook : une jeune fille estime que les chômeurs ont bien raison "de ne pas travailler, ni bien sûr de chercher du travail, car c'est tout bénéf.. pour eux.. quand les autres du moins ceux qui ne gagnent que le smic.. se cassent la tête à se lever le matin pour aller bosser.." 

Elle pose un sujet et de vraies questions, celles que nous nous posons souvent plus ou moins clairement, de celles qui font monter les extrêmes.

Elle exprime donc la quadrature du cercle, autrement dit l’art et la manière pour le serpent de se mordre la queue.

Si on essaie de développer un peu, le problème ne tiendrait logiquement pas au fait de travailler, ou non, puisque selon son raisonnement qu'un certain nombre ont pu vérifier / constater, que l’on travaille ou que l’on chôme, les revenus peuvent à peu de chose près être les mêmes, ni plus ni moins. Avec tout de même des variantes dans les situations. 

En effet, il me semble quand même que l’on peut distinguer :

- Ceux qui ne travaillent pas mais ne sont pas de facto des fainéants profitant du système, car ils vivent mal leur statut de chômeurs et l’inactivité qui va avec, le regard de l’autre, des « autres », n’est pas toujours facile à assumer ;

- Ceux qui travaillent, eux ne sont pas spécialement satisfaits de leurs conditions de vie et de travail, ils lorgnent donc du côté de ceux qui chôment. C’est humain et tentant de regarder dans l’assiette du voisin s’il y en a un peu plus que dans la nôtre.

D'ailleurs, on doit tout de même admettre que ceux qui ne travaillent pas ne l’ont pas nécessairement choisi même s’il peut leur arriver de s’en accommoder, faute de mieux. 

Et ceux qui bossent, voudraient-ils céder leur job aux chômeurs et échanger leur salaire contre les indemnités de chômage : y’a bon ! pas besoin de se lever le matin : « the » Rêve !! Soyons sérieux et reconnaissons que tout cela n’est satisfaisant pour personne :

- Les travailleurs lorgnent sur lesdits "avantages" des chômeurs
- Les travailleurs et les chômeurs lorgnent sur les mêmes « avantages » des migrants qui ont traversé la mer à bord de rafiots trouvés (combien de milliers de morts en mer ?), ces migrants venus nous piquer nos jobs, nos allocs et nos logements, faut pas exagérer quand même !!

Chacun tape sur l’autre, ils s’étripent sur les réseaux sociaux, bref, c’est la grogne..

Petit rappel de l’ordre des choses républicaines et donc des responsabilités du même nom :

- Le premier d’entre nous (supposément « le meilleur d’entre nous » ? quoique..) notre Président de la République dont il convient de se rappeler que nous l’avons élu très récemment. Il a alors nommé un Premier ministre qui à son tour lui a proposé une équipe gouvernementale (du moins logiquement c’est comme ça que ça se passe).

- Nos Députés 577 pas moins ! (les Sénateurs c’est fait et 1/3 vient d'être renouvelé : grand ménage est supposé avoir été fait. Voyons donc ce que la (nouvelle ?) République qui se dit « en Marche » nous réserve.

- Viennent ensuite nos autres représentants : les conseillers territoriaux (département/région) ; les maires, ou encore les représentants syndicaux,
que sais-je encore ?

La liste des responsables est longue puisque qu’un gouvernement se décline en ministères qui a leur tour se démultiplient en directions, services,……. N’oublions pas que nos départements et Régions sans parler des Communes, ont leur propre administration dite « territoriale », ça en fait du monde. Quid de l’efficacité ? je n’ai rien contre cette organisation en soi, mais le mille-feuilles est devenu tellement épais, qu’on s’y perdrait plutôt..

Voilà pour ce qu’on désigne « fonction publique »..

Autres acteurs et non des moindres s’agissant de la vie économique et sociale :

- Les patrons : du moins les supposés « grands » qui président aux destinées des sociétés internationales et/ou multinationales, on ne sait plus trop, du moins en France ceux qui font partie du célèbre CAC40 et ceux qui ont partie liée avec le monde de la « finance ».

Des patrons qui s’en mettent beaucoup dans la poche au motif de leurs qualités et mérites (c’est vrai qu’un salarié assez chanceux pour travailler 35h par semaine, sans diplôme, doit s’estimer heureux qu’on lui accorde un smic revalorisé de temps à autre de quelques centimes d’euros, ça lui donne tout à coup le sentiment d’être riche, il en a si peu de toutes façons « quelques centimes s’il vous plaît pour pouvoir rester propre, manger un plat chaud et dormir dans des draps propres », la vie quoi !

- Les banquiers et autres organisations « manipulateurs » d’argent

C’est bien connu, on ne prête qu’aux riches. Si vous avez 0€ sur votre compte et pas de job, allez demander à votre banque un prêt, y compris pour créer une entreprise : c’est pas simple. Les bonnes idées ne suffisent pas.

Il y a pourtant de l’argent qui circule via des circuits multiples qui se chevauchent pour aider tout le monde, du travailleur à l’employeur, en passant par le chômeur, l’étudiant, etc… des aides en tous genres relevant du social souvent, des subventions allouées aux collectivités ou des dispositifs divers mis en place par le gouvernement. Pour cela, il faut avoir du temps pour se renseigner, apprendre à connaître et savoir quel(s) interlocuteurs solliciter dans ce mille-feuilles (un de plus ?) où beaucoup s’égarent, sauf quelques fois le/la petit(e) débrouillard(e) ou chanceux/se qui cessant de culpabiliser, se décide et apprend à se faufiler dans les méandres du mille feuilles, et comme une petite souris grignote les petites miettes qui tombent à sa portée, priant qu'on ne la remarque pas, mais faute de mieux, que faire ?? 

Vaudrait-il donc mieux au lieu de courir après le travail qui n'existe pas, prendre le temps de connaître ses droits et la nature des aides dont nous pouvons disposer, quand on a définitivement perdu l'espoir de trouver un travail qui vous fasse vivre décemment et qui permettrait de préserver l'image que l'on a de soi, laquelle se contruit aussi par l'activité professionnelle. Et garder en ultime recours de devoir s’adresser à la banque si l’emprunt s’impose en croisant les doigts pour l’obtenir sans passer pour des quémandeurs.

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Et pendant qu’on y est, au sortir de cette période estivale, pensons aussi justement à nos étudiants (ex. collégiens et lycéens), perdus, égarés dans ce énième mille feuilles, éducatif celui-là, où personne ne s’y retrouve entre les filières de ceci et de cela, dont on retiendra un impératif principal enfoncé dans la tête de nos chères têtes blondes et brunes : être bachelier !!

Avoir le bac : c’est comme pour la Rolex de Seguela :

« ah que, si t’as pas une Rolex à 50 ans, t’a raté ta vie (dommage j’ai raté la mienne voilà déjà quelques années) » et donc pour un lycéen « ah que, si t’as pas ton bac à 18 ans (ou 19 ou 20), ben, n’attends pas 50 ans, t’as déjà raté ta vie ! et moi aussi alors ?

De quoi se sentir mal quand même !

Et l’apprentissage dans tout ça..

Tellement décrédibilisé et considéré comme une « voie de garage » depuis 25-30 ans, que très peu de jeunes veulent en entendre parler, sauf contraints et forcés. C’est bien connu,, pour réussir sa vie il faut faire des études et ça commence par le bac !

Constat : que de jeunes gens intelligents, doués, habiles de leurs mains et de leur tête, mais mal conseillés, mal orientés, sont passés au « tamis bachelier » les entraînant dès l’adolescence vers l’échec avec tout ce que cela peut avoir de difficile à gérer tant pour eux que pour leurs parents.

Au final, les ados ne savent plus ce qu’ils veulent, se sentent rejetés et inadéquats. Leur choix : le bac ou … le bac .. sinon des alternatives considérées comme de voies de garage qui laissent sur le carreau des jeunes qui sortent de l’école, sans formation, ni envie de quelque chose..

Certes, c’est un peu caricatural, mais c’est tout de même assez parlant de ce qu’est la réalité pour nos non étudiants.

Ceux qui auront la chance d’avoir le bac même sans mention (ah oui ! on a aussi inventé ça, histoire d’étiqueter encore un peu plus et un peu mieux, entre les bacheliers « méritants » et ceux qui le seraient moins).

La mention a toujours existé mais elle s’est généralisée et chacun y va de sa mention surtout quand c’est « bien » ou « très bien ». Les facs et universités ont besoin de ça pour faire leur sélection parmi tous ces bacheliers dont on ne sait plus quoi faire, « à force qu’il y en a tant ». donc, nous voici dans les filières diverses et variées, fac de droit, de médecine, lettres, etc.. on a aussi les grandes écoles (HEC, ESSEC, EDHEC….) et avant cela les Maths sup, Maths spé (pour les matheux), Khägne et Hypokhagne pour les « littéraires « ou encore Normal Sup.. ah oui ! Sciences Po.. pour finir énarque.. le cas échéant Polytechnique, X pour les « intimes » mais là, ça rigole pas, c’est la Défense qui supervise !

Bref, on l’aura compris pour les « têtes », à défaut de débouchés assurés, du moins ont-ils les études qui vont bien avec une ouverture sur l’étranger de plus en plus souvent. Cette porte ouverte vers « autre chose » pour les « aventureux » et / ou « aventuriers », les « courageux », les doués, et aussi les « ceux qui en ont marre de la France » à moins qu’ils « n’aient mal à la France » en même temps. On retrouve parmi ceux-là, des bacheliers ou non qui se disent qu’une petite expérience hors de la France peut leur ouvrir des horizons et feront hors du pays des expériences qui ne peuvent que leur être bénéfiques..

Bref, chacun cherche sa voie ou son échappatoire, pour éviter que les gens s’étrillent les uns les autres, se cherchent des poux dans la tête et soient tentés de regarder l’assiette du voisin pour vérifier qu’il n’en a pas plus, voire moins, histoire de se consoler de son sort ?

Et pendant ce temps, nos parlementaires bossent, pardon, votent, des lois, ordonnances,.. à tour de bras, auxquelles plus personne ne comprend rien, remplissant les codes : civil, du travail, pénal.. que la majorité d’entre nous ne lit pas ou ne connaît pas, espérant que les avocats et autres personnes « qualifiées » s’y retrouvent.. encore..

Pour ajouter à tout ce dédale auquel plus personne ne comprend rien, on a :

 - L’Union européenne et la Mondialisation : comme ça, on peut toujours se reporter sur elles si ça va mal en France (ce qui n’est pas nécessairement faux, tout dépend comment on considère les choses). D’ailleurs, Union Européenne et Mondialisation : l’un va-t-il sans l’autre ? la France peut-elle exister sans l’UE ? cette espèce d’hydre à plusieurs têtes que l’on évite soigneusement de doter d’une entité politique, qui prendrait le pas sur les Etats.. ah ça non ! on veut bien tolérer le bazar réglementaire de l’UE quitte à s'empêtrer dedans une "légitimité" politique qui lui permettrait de ne plus être assise le cul entre deux 2 chaises, l'une occidentale et l'autre (extrême)orientale, sûrement pas !

Et nous voilà dans cette grosse bouillabaisse mondialisée, où les intérêts de la finance sont préservés et se nourrissent justement de cette absence de vision politique (c’est bien calculé pour ça d’ailleurs) et comme on s’estime supérieur dans notre monde occidentalisé, on se paie le luxe d’aller faire la loi chez le voisin du Sud en particulier ou vers l’Est enfin pas trop, au s’arrête au « moyen-est » (Middle-East = Moyen Orient), histoire et colonisation oblige, on fait le cirque chez eux depuis plus de cent ans, et on s’étonne qu’ils nous envoient en retour leurs « torches humaines » y compris par procuration (nos français nés ici et qui se sentent encore de là-bas, faute de ne plus savoir qui ils sont : « qui suis-je ? où vais-je ? dans quelle état j’erre ? ») la faute à leurs parents qui ne se sont pas intégrés ? ben oui, quoi ? c’est vrai que tant qu’on les faisait venir pour faire le boulot qui ne manquait pas, on ne les refoulait pas, et puis on les parquait (en cités hlm, devenues ghettos), et on les oubliait, ignorait, méprisait ? ces gens-là ne sont pas comme nous, vous comprenez ? ils ne sont même pas cathos, d’ailleurs, c’est bien la preuve, à croire que la laïcité a été conçue pour les cathos et seulement dans ce cas, quel intérêt alors ?.

Bref, on continue de donner des coups de coude dans les côtes du voisin, faute de savoir quoi faire d’autre.

On vient d’élire un nouveau Président, de nouveaux députés. Alors on fait quoi ? on les vire déjà ? on leur fait confiance ?

Peut-on changer quelque chose réellement ? notez bien qu'il y a 5 ans, on nous a dit : « le changement c’est maintenant ». Alors 5 ans plus tard, quoi de vraiment neuf sous le soleil ?