L'Inde, mystérieuse, aussi grande que le Liban est petit. Inde déroutante, qui interpelle et fascine sans qu'on parvienne toujours à saisir pourquoi.

En Inde, on est confronté à ses propres limites : ce que l'on peut comprendre de soi, de l'autre, des autres, forcément si différents. Pour vivre en Inde, il faut accepter de perdre ses repères, pour tenter de percevoir la mentalité, les codes, la spiritualité à fleur de peau, qui se vit sans chercher à expliquer, ni à comprendre et fait accepter le pire, comme le meilleur, avec le détachement de celui qui accepte son sort, son karma, comme partie de ce qu'il a à vivre, et bouscule nos repères d'occidentaux, toujours prompts à interroger, remettre en question.

Somme-nous en Inde dans un autre siècle voire sur une autre planète ? où la pauvreté vous rattrape à chaque détour de rue sans qu'on puisse ignorer la richesse qui s'expose selon les quartiers.

En Inde, les codes familiaux, les traditions constituent encore le socle de la société et pèsent encore lourdement, en particulier sur les femmes mais aussi sur les jeunes gens qui souhaitent sortir du carcan des traditions pour vivre plus librement. Et ce d'autant plus, que les journaux, la télévision, le cinéma, les livres, internet, mais aussi leur éducation, leur apportent les échos du monde extérieur, occidental en particulier, avec un cortège d'idées nouvelles et forcément différentes : une modernité occidentale à laquelle l'Inde n'a pas été préparée et qui entraîne des perturbations, des incompréhensions, des affontements même entre les traditionnalistes et ceux qui aspirent au changement. Les Indiens confrontent leur mode de vie et leur culture à ce qui leur est apporté de l'extérieur.